Le ministère a beaucoup communiqué sur ces évaluations, mais il n’a publié au Journal officiel aucune circulaire leur donnant un cadre formel. Il n’y a donc pas cadre réglementaire pour ces évaluations qui puissent les rendre obligatoires. Et non, un simple courrier du DASEN ou du ministère ne suffit pas !

 

Le ministre bafoue la liberté pédagogique des enseignant-e-s…

Il prétend que des évaluations nationales corrigées automatiquement permettraient de cerner au plus près les besoins de chaque élève afin de leur apporter une aide personnalisée. De qui se moque-t-on?

Comment prétendre personnaliser l’aide en classe, à partir de tests imposés d’en haut sans le consentement des équipes pédagogiques, des effectifs surchargés et un nombre de postes aux concours en chute libre.

De plus à Mayotte ces évaluations parfois sont socialement et culturellement loin des réalités des petits mahorais !!! Comme reconnaitre l’hiver par exemple

… et «veut manager ses ressources humaines»

Les annonces gouvernementales récentes, par voie de presse, laissent par ailleurs présager le pire quant à l’utilisation qui sera faite de ces évaluations. Dans un contexte d’autonomisation accrue des établissements, on voit très bien quelle pourrait être l’utilité de telles évaluations: classer les établissements, les écoles et les équipes pédagogiques en fonction des résultats! Loin d’être réservées à un usage interne, ces mesures participent au renforcement des inégalités territoriales en imposant progressivement une «culture du résultat» qui permettrait de distribuer les bons et les mauvais points aux équipes enseignantes: la mise en place de la prime REP+ au mérite et d’une évaluation des établissements au 1er trimestre 2019

La privatisation EN MARCHE !

Une fuite au ministère a permis d’apprendre que l’intégralité des données produites par les évaluations nationales seront stockées et traitées par l’infrastructure de l’entreprise multinationale Amazon, en dehors du territoire et donc hors de portée des juridictions françaises.

Après la signature d’un “partenariat” avec Microsoft sous le précédent gouvernement, le ministre livre des données sensibles de toutes et tous les élèves qui passeront ces évaluations. Il prétend que les données sont anonymisées, mais elles sont corrélées avec l’adresse des écoles dans lesquelles elles sont passées. Nul doute qu’à l’instar d’autres multinationales qui proposent déjà ce type de dispositif, Amazon sera en mesure de proposer de nouveaux contrats lucratifs à l’Éducation Nationale à l’aide de toutes ces données livrées gracieusement par le ministère.  Il y a quelques mois, le Directeur du numérique pour l’éducation du ministère a été embauché par Amazon. Le pantouflage dans le privé porte manifestement ses fruits.

 

Le ministère a beaucoup communiqué sur ces évaluations, mais il n’a publié au Journal officiel aucune circulaire leur donnant un cadre formel. Il n’y a donc pas cadre réglementaire pour ces évaluations qui puissent les rendre obligatoires. Et non, un simple courrier du DASEN ou du ministère ne suffit pas !

Le communiqué Communiqué EVA CP CE1